Économie

Pour un Patriotisme/Nationalisme économique à la camerounaise ? 50 fois OUI!!!!

L’un des derniers articles de Shanda TOMNE, paru dans le messager, m’a beaucoup intéressé car il a abordé un thème qui m’interpelle au plus haut point, soit le nationalisme économique. Soyons clair tout de suite. Je préfère – d’ailleurs j’avais déjà proposé une réflexion là-dessus – pour ma part patriotisme à nationalisme car le dernier vocable pourrait renvoyer à un certain esprit de fermeture. Bien que les deux concepts m’apparaissent quasi similaires, je n’utiliserai que le vocable de patriotisme économique à la camerounaise.

Tout au long de ce court papier, je m’attellerai à travers deux exemples à démontrer que tout pays qui se respecte, toute grande nation tend à protéger ses champions nationaux. La raison est à la fois instinctive et rationnelle, symbolique et puissante. Pourquoi tous ses qualificatifs? Simplement parce que je prétends qu’il est dans ce monde des entreprises qui reflètent tellement, qui font tellement corps avec un pays qu’ils contribuent à en définir la personnalité, à en révéler l’état de santé. Donc, bagarrer pour ces entreprises relève du naturel, se battre pour elles contribue à affirmer le rang de son pays sur la scène internationale.

Permettez-moi de poursuivre mon propos en vous proposant une réflexion sur le Patriotisme économique vu de la France et des États-Unis. Nous l’observerons via des exemples récents. Je poursuivrai mon propos en soulignant une certaine volonté de nos hommes politiques


Patriotisme économique vu de la France

Plusieurs constats récents témoignent bien du fait qu’il n’est pas antinomique d’être un pays ouvert – je vous rappelle que la France reçoit en Investissements Directs Étrangers (IDÉ – année de référence 2007) 1026 milliards $ contre 629 pour l’Allemagne et 1347 pour l’Angleterre (source : L’Année Stratégique 2010 – Analyse des enjeux internationaux. Sous la direction de Pascal Boniface, Directeur de l’IRIS. 2009. Éditions Dalloz), tous ces pays sont autour de 60 millions d’habitants –, intégré en Europe et actuellement dirigé par un parti de droite et protéger ses entreprises stratégiques et emblématiques.

• «
Je souhaite rassembler toutes nos énergies autour d’un véritable patriotisme économique
» dixit le Premier ministre de la France, Dominique De Villepin (rfi.fr) en 2005. – D’ailleurs, je dois avouer que c’est lui m’a inspiré ce concept – comme philosophie visant à préserver les entreprises françaises contre des opérations hostiles.

•
Fonds souverain à la française.
S.E. M. Nicolas a décidé de mettre sur pied un Fonds souverain à la française qui a été doté de 20 milliards d’euros. France24.com rapporte que « la vocation du fonds sera double: d'une part, conforter des entreprises ne trouvant pas sur le marché l'argent nécessaire à leur développement, et d'autre part
"sécuriser le capital d'entreprises stratégiques"
. ». Pour en savoir plus sur ce fonds, aller sur : www.fonds-fsi.fr. (Insérer la vidéo qui apparaît dans ce lien : http://www.france24.com/fr/20081120-sarkozy-fonds-souverain-finance-investissement-caisse-depots-etat)

• La PAC – Politique Agricole Commune. Je ne suis pas un spécialiste de cet accord qui lie des pays européens mais je suis fasciné par la réaction des hommes français vis-à-vis de cette politique européenne qui, je crois, doit être renouvelée en 2013. Pourquoi la PAC m’intéresse-t-elle? Parce que l’agroalimentaire a une place décisive à la fois dans la géographie, l’histoire, l’identité et la culture françaises. Dois-je vous rappeler que des élus de ce pays ont voulu inscrit leur cuisine au patrimoine culturel de l’UNESCO?

Dans un article paru le 25 février 2008, lexpress.fr signalait, en citant Nicolas Sarkozy que : « La gastronomie est "un élément essentiel de notre patrimoine". "C'est pourquoi je souhaite que la France soit le premier pays à déposer dès 2009 une candidature auprès de l'Unesco pour permettre la reconnaissance de notre patrimoine gastronomique au patrimoine mondial", avait déclaré samedi le chef de l'Etat, lors de l'inauguration du Salon de l'agriculture. ».

Quel rapport avec le patriotisme économique ? Je vous laisse compter en France le nombre d’agriculteurs, de viticulteurs, de restaurateurs, le nombre d’entreprises françaises championnes du monde dans l’agroalimentaire. Je finis ce point en citant Jean-François Copé – que je lis beaucoup ¬–, puissant Président du Groupe UMP à l’Assemblée nationale française. Sur le site Web du Think tank, Generationfrance.fr, qu’il a créé, il mentionne que :

« Certes, au cours des siècles, l’agriculture a façonné la France. Et pas seulement ses paysages. Mais gardons-nous de croire qu’elle appartient au passé. Elle est une part essentielle de notre avenir ! Un atout hautement stratégique, pour la France et pour l’Europe. On n’en parle beaucoup moins mais, à mes yeux, cette question est aussi vitale que l’indépendance énergétique du continent. »

«Pour s’en convaincre, il suffit de prendre en compte quelques menaces qui marquent le monde : une augmentation de la population mondiale et une évolution des modes de consommation qui rendent nécessaire d’accroître la production agricole de la planète. […]

Face à ces défis inquiétants, certains veulent faire confiance à la seule loi du marché. Ceux-là plaident pour un démantèlement de la Politique Agricole Commune qu’ils trouvent trop coûteuse (40% du budget de l’Union européenne). Ils veulent la suppression des quotas de production (pour le lait, c’est prévu à horizon 2015). Ils trouvent que les accords entre producteurs et industriels faussent le marché. Ils pensent que la fin des régulations et la mise en concurrence totale des différentes agricultures à l’échelle mondiale est la meilleure des solutions. […]Cette vision n’est pas la mienne. Les fruits de la terre ne sont pas des biens comme les autres. Particulièrement lorsqu’il s’agit de nourrir le monde, on ne peut pas s’en remettre à la seule rencontre de l’offre et de la demande, avec ses hauts et ses bas, ses pénuries et ses surplus. Avec une telle approche, le monde finirait par se diviser en zones de productions spécialisées, et l’Europe serait hors jeu. »


Patriotisme économique vu des États-Unis

La dernière crise financière et économique a montré à suffisance combien, l’un des pays si ce n’est le pays, qui prône le plus grand libéralisme dans l’économie, a été grandement interventionniste.


L’industrie automobile.
Si j’écris GM, Chrysler ou Ford, je parie que nombre d’entre vous font un lien avec les États-Unis d’Amérique. Rappelez vous, c’était le début de mon propos, il est des entreprises qui contribuent à comprendre et à définir la personnalité de certains peuples et sont partie intégrantes de l’identité de ces derniers. Je pense qu’il n’est pas exagéré de classer ces entreprises dans cette catégorie en ce qui concerne les États-Unis. Le Président Barack OBAMA en parle mieux que moi : « ce secteur est un emblème de l’esprit américain, mieux un exemple de la réussite économique de notre pays ».

Afin de sauver l’industrie automobile et d’une certaine façon de sauver l’Amérique elle-même, l’administration OBAMA a injecté dans ces entreprises plusieurs milliards de dollars. Absolument intéressant…

•
États-Unis VS Chine via Google ?
Il est toujours plaisant de lire les dessous de carte, de tenter de décrypter une situation de manière holistique. C’est la raison pour laquelle, comme plusieurs autres observateurs, dans l’affaire opposant Google au gouvernement chinois, je ne vois pas que du commerce… Laissez-moi vous présenter des morceaux choisis de deux analystes :

1. Caroline Caldier avec agences (France-Info.com) « Pourtant la secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton prononçait aujourd’hui un discours sur le thème d’"Internet et les libertés". Coïncidence ? Mme Clinton a averti que "les personnes et les pays qui lancent des cyberattaques devront en subir les conséquences". Les Etats-Unis sont le "berceau" d’Internet et ont la "responsabilité" de s’assurer de son bon fonctionnement, a-t-elle insisté.
La secrétaire d’Etat demande donc à la Chine une enquête sur les intrusions subies par Google,
et que celle-ci et ses résultats soient "transparents". »

2. Barthélémy Courmont, titulaire par intérim de la Chaire Raoul Dandurand (Québec), chercheur à l’IRIS – Institut des Relations Internationales et Stratégiques « La confrontation entre Google et le gouvernement chinois n’aurait pu être qu’un épisode de plus du bras de fer opposant un régime cherchant à ériger une cyber-muraille et le géant d’Internet. Les deux entités ne peuvent faire bon ménage, et les différends ne datent pas d’hier. Mais « l’affaire Google » (sur laquelle il est inutile de revenir en détail ici) a pris une toute autre ampleur avec l’entrée en scène d’Hillary Clinton, et les critiques adressées au gouvernement chinois – entre autres, puisque plusieurs pays furent nommés.
C’est donc la relation Washington-Pékin qui se trouve une nouvelle fois au centre de ce différend.»

Avant d’achever l’observation du patriotisme économique vu des États-Unis, je voudrais simplement vous inviter à méditer sur le fait que pour signifier que la mondialisation est une sorte d’américanisation du monde, d’aucuns parlent de mcdonalisation, en référence à la chaîne de restauration rapide américaine. Je voudrais vous inviter à méditer sur le fait que certains mulsumans radicaux ne consomment pas de Coca-cola mais uniquement du Pepsi cola… Normal, ils sont contre la Coca-colaïsation du monde…


Et le Patriotisme économique vu du Cameroun alors ?

Avant de reprendre quelques unes des propositions que j’avais déjà formulées concernant un Patriotisme économique à la camerounaise, je voudrais reconnaître que nombre d’hommes politiques semblent adhérer aux principes de cette philosophie. Le Président BIYA, qui lors de la visite d’Abdullah GÜL a appelé de ses vœux la mise sur pied d’entreprises camerouno-turques a eu raison ! Car si les turcs sont réputés excellents dans l’agroalimentaire, il importe que nos entrepreneurs nationaux soient associés à ces derniers car notre vocation agricole et le potentiel de l’Afrique en font un secteur stratégique pour nous.

La Nouvelle Expression, par le biais de son journaliste D. Nouwou, nous signale que Jean Michel Nintcheu, député Sdf de Wouri Est et vice président du groupe parlementaire du Social democratic front (Sdf) à l’Assemblée nationale, souhaite que les entreprises réalisant un chiffre d’affaires de plus de plus de 20 milliards soient confiées à des DG camerounais. Concernant cette proposition qui mérite toute notre sympathie, il faut simplement ajouter après camerounais COMPÉTENT. Par ailleurs l’aspect complémentaire, peut être même essentiel, serait que les nationaux aient des actions dans ces entreprises – si possible, car comme le faisait remarquer des intervenants dans l’émission Radio de Cameroon-info.net, NJANGUI PRESS de Cyrille ÉKWALLA, il y a des entreprises à capitaux privés dans le lot –. C’est en étant actionnaire que l’on réalise des profits et que l’oriente le destin de l’entreprise.

Le Coordonnateur de Génération 2011 et candidat à l’élection présidentielle, Vincent Sosthène Fouda Essomba se positionne fermement comme un partisan irréductible du Patriotisme économique. Il promettrait même d’en faire un élément clé de sa philosophie économique.


CONCLUONS

Convaincus du destin singulier, prestigieux et prodigieux du Cameroun, Convaincus que nous avons les moyens de faire du Cameroun, la Chine du diamant, Convaincus que notre potentiel hydrique peut nous permettre de vendre l’hydoélectricité et générer des revenus comme le fait Hydro Québec pour le Gouvernement Québécois Convaincus par le génie, la hargne et de la volonté de marquer leur temps qui animent nos ambassadeurs économiques, Convaincus que l’intégration continentale sera à la fois source de prospérité et d’affirmation, Convaincus que demain, plusieurs entreprises camerounaises occuperont dans notre patrimoine une place particulière, A la question, êtes vous pour un Patriotisme économique à la camerounaise ? Je réponds 50 – autant d’année que notre d’indépendance – fois OUI !!!! @insi soit-il, @insi puisse-t-il être. Qu’en dites-vous ? Que représente le Patriotisme économique pour vous ? Quel pays en pratique le plus ? Hâte de vous lire.

@mitiés c@merounaises et sentiments p@triotiques, Serge TCHAHA.